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80 ans du Front Populaire

Bonjour à toutes et tous,

L’Union locale CGT nous a offert hier soir une soirée conviviale et fraternelle comme nous les aimons pour les 80 ans du Front Populaire.

Nous les remercions chaleureusement pour leur engagement courageux et fidèle dans ce combat pour la défense des droits des travailleurs et des acquis sociaux qui ne cessent d’être remis en cause.

Cet extrait d’un poème de Paul Eluard « Le Château des Pauvres », lu par Alain, nous a beaucoup touchés.

Marie-Claude – pour le collectif

                                                                                        

 » Quoiqu’il arrive nous rêvons

Quoi qu’il arrive nous vivrons

Et du fond du Château des pauvres

Où nous avons tant de semblables

Tant de complices tant d’amis

Monte la voile du courage

Hissons-la sans hésiter

Demain nous saurons pourquoi

Quand nous aurons triomphé

 

Une longue chaîne d’amants

Sortit de la prison dont on prend l’habitude

 

La dose d’injustice et la dose de honte

Sont vraiment trop amères

 

Il ne faut pas de tout pour faire un monde il faut

Du bonheur et rien d’autre « 

                                                                            Paul Eluard

 

Les mots qui fâchent!

Occuper une usine, bloquer un terminal pétrolier, contester et s’opposer à une loi, tout cela est archaïque, c’est le passé. Il est assez sidérant de voir cette rhétorique resurgir à chaque conflit social, dénigrer l’opposition, lui donner un relent de préhistoire en s’adjugeant le bénéfice de la modernité et du progrès, peaux de bête contre costumes de responsables politiques en marche, la cire des parquets contre la fumée des pneus en flamme.

Ce qui est moderne, donc, c’est d’accepter, de plier les genoux, les gaules et l’échine. Résister est devenu archaïque, espérer qu’une lutte fera reculer une loi dont les quelques petites avancées cachent mal les énormes cadeaux qu’elle fait au patronat libéral, c’est archaïque. Le patronat, lui, n’est pas archaïque, ses augmentations de salaires sans un gramme de décence et de morale, c’est moderne, ce chantage à l’emploi, c’est moderne, les délocalisations, c’est moderne, l’absence de parité hommes-femmes aux conseils d’administration, c’est moderne, le travail au noir dans le bâtiment, c’est moderne, cette volonté quasi pavlovienne de vouloir baisser les salaires, augmenter les cadences, la pro-ductivité horaire, la précarisation du travailleur, la surveillance et la traçabilité des faits et gestes des salariés au sein de l’entreprise, c’est moderne, la fragilisation de la femme devenue mère, c’est moderne, la discrimination à l’emploi, c’est moderne, les 110 milliards d’aides que perçoivent chaque année les entreprises en France sont également une belle preuve de modernité, chercher par tous les moyens possibles à échapper à l’impôt, c’est moderne, opposer la fonction publique au secteur privé, c’est moderne, fustiger le systèmede l’intermittence, c’est moderne.

Bien sûr, pardonnez-nous, mais on ne changera pas, on ne lâche rien, c’est ça qui est pénible avec les archaïques, ils cultivent un idéal et ils pourraient donner leur vie pour ça. C’est fou, non ?

Philippe Torreton

 

CCe gouvernement ne doit pas continuer

Paru dans l’Humanité ce jour 01/06/16

Ce gouvernement ne doit pas continuer à faire monter les tensions dans le pays.

Il est minoritaire sur son projet de loi. Et tout le monde a saisi qu’il devrait pour le faire passer en cachette, donner l’impression de l’« amender » dans la confusion, début juillet.

Une très large majorité de la population a parfaitement compris la loi El Khomri : pour de sombres calculs des institutions européennes en faveur des grands groupes financiers, il faudrait encore réduire les droits des salarié.e.s. Avec des droits passés à cette moulinette, il n’y aurait plus au final qu’un Code du travail entreprise par entreprise, des syndicats contournés, des individus moins payés, isolés, sommés de se soumettre ou renvoyés au chômage.

Le gouvernement n’a pas de majorité à gauche pour imposer cette régression sociale majeure, qui écrit l’histoire à l’envers. Et il doit se confronter à une intersyndicale et à des mobilisations qui, depuis trois mois, redonnent de l’espoir à des millions de salarié.e.s, de précaires, de jeunes, de sans-droits… Les Nuits Debout en montrent les potentialités.

Jouer des tensions et des violences policières, vouloir user les grévistes, tenter des coups de force au Parlement, où cela va-t-il aboutir ? Nous sommes inquiet.e.s, comme beaucoup en ce moment. Faudra- t-il à ce gouvernement un mort comme lors de la loi Devaquet en 1986 ? Il vaudrait mieux, au plus vite, qu’il cesse de côtoyer les risques de tragédie…

Ou bien lui faudra-t-il une « nuit du 10 mai » comme en 1968 ?

Les analyses et les propositions pour améliorer le Code du travail ne manquent pas, ni du côté des juristes, ni du côté des syndicalistes. Le gouvernement aurait déjà dû savoir les écouter et discuter.

Alors que son projet est partout rejeté, quel besoin de bomber le torse plus longtemps ? Pour en arriver où ?

Il serait plus sage de « passer la main » : que le Premier ministre abandonne cette loi, qu’il démissionne si besoin, et qu’il laisse reprendre autrement une discussion sur ce qui constitue une vraie question. Car oui, il faut discuter de réformes qui consolident les droits et réorganisent les relations sociales dans les entreprises. Mais en faveur des salarié.e.s et des jeunes !! Et pas des actionnaires.

 

Catherine Achin (politiste), Armand Ajzenberger (historien), Bruno Ambroise (philosophe), Jean-Loup Amselle (anthropologue), Etienne Balibar (philosophe), Pierre Bardelli (économiste), Stéphanie Barral (sociologue), Michel Barthélémy (sociologue), Laure Bereni (sociologue), Christophe Bonneuil (historien), Nicolas Bué (politiste), Fatima-Ezzahra Ben-Omar (féministe), Eric Berr (économiste), Thibaut Besozzi (sociologue), Céline Bessière (sociologue), Jacques Bidet (philosophe), Jean Bigot (réalisateur), Michel Bilis (directeur d’hôpital honoraire), Hervé Bismuth (maître de conférence en littérature), Benoit Borrits (journaliste), Paul Bouffartigue(sociologue), Ali Boulayoune (sociologue), Claire-Akiko Brisset (japonologue), Claude Calame (anthropologue), Marie Cartier (sociologue), Manuel Cervera-Marzal (sociologue), Aurore Chéry (historienne), Pierre Clément (sociologue), Jacques Cossard (économiste), Annick Coupé (syndicaliste), Pierre Cours-Salies (sociologue),Thomas 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